Book review: Jane, le renard et moi, par Isabelle Arsenault et Fanny Britt

Book Reviews

(In English here!)

Cette semaine je vous partage un autre de mes livres favoris: Jane, le renard et moi, écrit par Fanny Britt et illustré par Isabelle Arsenault. Il s’agit d’une découverte qui date de l’année dernière pour moi et que j’ai lue et relue, encore et encore.

Par où commencer? Dans cette bande dessinée, ou plutôt roman graphique, on suit une jeune adolescente qui navigue avec plus ou moins d’aise les amies, l’école, l’intimidation, la solitude et le fait de grandir. Hélène est touchante, et on se reconnait facilement dans ses relations avec les autres. L’histoire est magnifiquement bien écrit: on évite les cliché, mais on ressent les émotions poignante de la jeune Hélène avec beaucoup de sensibilité.

Ce qui est fascinant avec ce livre c’est la parfait aliance du dessin et de l’histoire. À de nombreuses reprises, les illustrations expriment avec clarté les émotions d’Hélène sans avoir recourt au texte. Le dessin donne l’impression d’avoir été fait au crayon à papier et le style brut reflète très bien l’état vulnérable du personnage principal.

Mais ce n’est pas parce que le gros des images est en noir et blanc que l’on manque de détail. Le style est précis et on reconnait facilement des endroits, des situations et des objets de la vie de tous les jours ce qui rend l’histoire encore plus touchante puisqu’on peut facilement s’y identifier. Plusieurs thèmes sont abordés ainsi sans necessairement y faire directement allusion: la maternité, la vie de famille, l’image corporelle, l’amitié, l’empathie, et bien d’autre.

En fait, les seuls moments ou un peu de couleur fait irruption c’est lorsque Hélène imagine des scenes du roman qu’elle est en train de lire: Jane Eyre. Ces scènes imaginées ajoutent beaucoup d’humour et forment un univers parallèle à celui de Hélène.

Finalement, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ce livre à reçu de nombreuses récompenses et à été traduit dans 8 langues. L’histoire est touchante et invite le lecteur à se replonger dans sa propre enfance, le dessin est évocateur et riche, et la combinaison des deux crée un livre poignant auquel on repense souvent. Ce livre plaira aux adolescents comme aux lecteurs plus expérimentés. Un must!

Jane, le renard et moi, par Fanny Britt et Isabelle Arsenault, La Pastèque

Aussi disponible en anglais : Jane, the Fox and I, Groundwood Books


Book review: Jane, the Fox and me, by Isabelle Arsenault and Fanny Britt

This week I am sharing another of my favorite books: Jane, the Fox and Me, written by Fanny Britt and illustrated by Isabelle Arsenault. It is a discovery I made last year and which I have read and reread over and over again.

Where to start? In this comic book, or rather graphic novel, we follow a young teenage girl who navigates with varying degrees of ease through friends, school, bullying, loneliness and growing up. Hélène is touching, and you can easily recognize yourself in her relationships with others. The story is beautifully written: we avoid clichés, but we feel the poignant emotions of young Hélène with great sensibility.

What is fascinating about this book is the perfect combination of drawing and story. On many occasions, the illustrations clearly express Hélène’s emotions without resorting to text. The drawing gives the impression of having been done in pencil and the raw style reflects very well the vulnerable state of the main character.

But just because the bulk of the images are in black and white doesn’t mean there is a lack of detail. The style is precise and you can easily recognize places, situations and objects from everyday life, which makes the story even more touching and relatable. Several themes are approached in this way without necessarily alluding to them directly: motherhood, family life, body image, friendship, empathy, and many others.

In fact, the only time when a little color pops up is when Hélène imagines scenes from the novel she is reading: Jane Eyre. These imagined scenes add a lot of humor and form a parallel universe to Hélène’s one.

Finally, it is not difficult to understand why this book has received numerous awards and has been translated into 8 languages. The story is touching and invites the reader to go back to his own childhood, the drawing is evocative and rich, and the combination of the two creates a poignant book that is often recalled. This book will appeal to teenagers as well as more experienced readers. A must read!

Jane, le renard et moi, par Fanny Britt et Isabelle Arsenault, La Pastèque

Available in English : Jane, the Fox and I, Groundwood Books

Book review: My Friend Fear, by Meera Lee Patel

Book Reviews

(En Français ici)

This week I’m sharing the beautiful book My Friend Fear, by Meera Lee Patel. For the past two years, going through the process of building myself back up after a concussion, I have became very well acquainted with Fear. It’s been a constant companion, and it can be incredibly vocal at some time and quite paralyzing. A book that is helping me shift my perspective on fear is this one, and that’s why I’m very excited to share it with you this week.

I actually bought this book very soon after my accident. At the time, I couldn’t really read anything anymore, but I was drawn to colours. That’s how I discover Meera Lee Patel. Her art is incredibly colourful and striking. I spent many hours looking at each page of the book, exploring the textures and getting lost in all the colours. Each page of the book is fully printed in colours which meant that I had a lot of beautiful material to jump into.

I really enjoyed how Patel uses watercolours loosely and playfully. I feel like her work really showcases the possibilities of watercolours in a lovely way. The intersection of painting, hand lettering and mental health is also greatly represented, and refreshingly so. One thing that I particularly enjoy is her use of white on colourful backgrounds. It’s softer than black but still leaves a lasting impression.

The book itself is also a very interesting read. The author explores her life and goes back to her childhood to see where fear started for her. Her writing is rich and evocative. Through her own life she gives the reader great examples of how fear impacted her, and makes a book on fear, which could have been heavy, feel like a friendly and poetic conversation.

She also gives great tips and perspectives on how to shift our relationship with fear in a positive way. She presents fear as a tool for self discovery and introspection. This has become an invaluable tool for me, and I think it can be a great tool for anyone and most especially for creatives. This is a courageous process, but the author guides you in the kindest way possible.

Overall, I think anyone who enjoys self-help books, introspection and loose watercolours will enjoy this book. I really like the format of the book which is small and easy to carry around or read in bed. It’s a beautiful book to flip through as each page is richly coloured or illustrated. Finally, if not for any of the reasons mentioned above, I recommend this book for the unique voice Meera Lee Patel presents to the world in this book. Fear might not yet be your friend, but you’ll feel like you met your new best friend as you read through this lovely book.

My Friend Fear, by Meera Lee Patel, Tarcherperigee


Book review: Mon amie la peur, par Meera Lee Patel

Cette semaine, je partage le magnifique livre My Friend Fear, de Meera Lee Patel. Au cours des deux dernières années, en me remettant sur pied après une commotion cérébrale, j’ai appris à bien connaître la peur. C’est une compagne de tous les instants, et elle peut être incroyablement volubile à certains moments et assez paralysante. Ce livre m’a aidé à changer mon point de vue sur la peur, et c’est pourquoi je suis très heureux de le partager avec vous cette semaine.

En fait, j’ai acheté ce livre très peu de temps après mon accident. À l’époque, je ne pouvais plus vraiment lire, mais j’étais attirée par les couleurs. C’est ainsi que j’ai découvert Meera Lee Patel. Son art est incroyablement coloré et saisissant. J’ai passé de nombreuses heures à regarder chaque page du livre, à explorer les textures et à me perdre dans toutes les couleurs. Chaque page du livre est entièrement imprimée en couleurs, ce qui signifie que j’avais beaucoup de belles choses à découvrir.

J’ai vraiment apprécié la façon dont Patel utilise l’aquarelle de façon libre et enjouée. J’ai l’impression que son travail met vraiment en valeur les possibilités de l’aquarelle d’une manière agréable. L’intersection de la peinture, du lettrage et de la santé mentale est également très bien représentée, et de façon rafraîchissante. Une chose que j’aime particulièrement, c’est son utilisation du blanc sur des fonds colorés. C’est plus doux que le noir, mais cela laisse une impression inoubliable.

Le livre lui-même est également très intéressant à lire. L’auteure explore sa vie et remonte à son enfance pour voir où la peur a commencé pour elle. Son écriture est riche et évocatrice. À travers sa propre vie, elle donne au lecteur de très bons exemples de l’impact de la peur sur elle, et fait en sorte qu’un livre sur la peur, qui aurait pu être lourd, ressemble à une conversation amicale et poétique.

Elle donne également de bons conseils et des perspectives sur la manière de modifier notre relation avec la peur de manière positive. Elle présente la peur comme un outil de découverte de soi et d’introspection. Ceci est devenu un outil inestimable pour moi, et je pense qu’il peut être un outil formidable pour tout le monde et plus particulièrement pour les créatifs. C’est un processus courageux, mais l’auteure vous guide de la manière la plus gentille possible.

Au final, je pense que tous ceux qui aiment les livres de développement personnel, l’introspection et les aquarelles légères apprécieront ce livre. J’aime beaucoup le format du livre qui est petit et facile à transporter ou à lire au lit. C’est un beau livre à feuilleter car chaque page est richement colorée ou illustrée. Enfin, si ce n’est pas pour l’une des raisons mentionnées ci-dessus, je recommande ce livre pour la voix unique que Meera Lee Patel présente au monde dans ce livre. La peur n’est peut-être pas encore votre amie, mais vous aurez l’impression d’avoir rencontré votre nouvelle meilleure amie en lisant ce beau livre.

My Friend Fear, by Meera Lee Patel, Tarcherperigee

Traduit en français: Mon amie la peur, Livre de Poche

Why I’m not posting to Instagram anymore

This week, not on Instagram

(En français plus bas… beaucoup plus bas!)

Last year, when I decided to launch myself as an artist, all the advice I could find lead me to social media, more particularly Instagram, as a great way to share my work and get in touch with potential clients or customers. It makes sense: Instagram is a visual platform, that’s easy to use and free. So, I started posting there sometimes, then regularly and finally every day. I participated in weekly, monthly and draw-this-in-your-style challenges. I discovered some really fun and talented artists that inspired me. It was all good… until it wasn’t.

There is a lot of bubbles floating around the interwebs and bookshelves telling you about the negative effects of social media on humans. My first alarm bell rang when one of my favourite artist, Julia Bausenhardt, quit Instagram and made Youtube videos sharing her reasons to do so. Then, my partner gave me Cal Newport’s book Deep Work about focus and work. After that, I watched the documentary “The Social Dilemma” on Netflix. And finally, I sat with myself and did an inventory of how I felt about all of this. This is what I found.

Like Julia, after a year of working hard on my Instagram, I realized that I had started to create FOR the platform instead of using it as a tool. It is a tough schedule to keep up with as an artist to post every day or even every week. Painting is hard work that requires dedication, constant learning, focus and inspiration. Creating for a social media platform daily made me feel empty and like a fraud.

I also really didn’t like the way I started to feel about my art and the art of others. The constant scrolling makes it impossible to really appreciate the time and effort that the artist spends creating. A piece that took days, weeks and even months to paint is given a 2 seconds glance, a double tap, and maybe a comment. All of that is done on a tiny phone screen. How is that fair? We visit museums and can sit for hours in front of a master’s piece. We go to an art gallery and get immersed in an artist’s work for the evening. Yet, we find it acceptable to scroll mindlessly through the work of other artists. I really didn’t feel comfortable with that. It made me feel cheap and made the work of others feel cheap when it is not.

Another thing that I noticed with my increased use of social media was my decreased attention. Because social media is always feeding you new content, it is hard to stay focused on one single thing. This became clear when I noticed that reading was getting more and more difficult despite the fact that I love reading. The temptation to always check my phone to see what was new made it impossible to stay disconnected for long periods of time. When I read Deep Work, I realized that I needed focused alone time to create quality work. I want to cultivate my capacity of living in the real world, working on worthwhile tasks. That requires focus and undivided attention. When I paint for an entire afternoon without distraction, I feel good. I feel accomplished. When I scroll my Instagram feed every ten minutes, I feel scattered, unmotivated, not good enough and volatile.

That was another important factor in my decision to quit Instagram: constantly having access to other people’s work started to really impact my mental health. I have perfectionist tendencies which make comparing myself to others a dangerous game. Very quickly I realized that the more time I spent online, the worst I felt about my own work. It dulled my motivation to create, and I often found myself in negative self-talk spirals. Where’s the fun in that?

Another thing that I realized was that the number of hours I spend on Instagram everyday just was not justified. As a self-taught artist, I need time to learn and refine my skills. This can be done through online courses, reading books about art, practising and thinking about how to do certain pieces. All of those activities require time, attention and discipline. As a person, I also need time to talk with the people I love, interact with my pets and take care of myself. It’s also nice to have hobbies and a life outside of working. I also need time for house chores and cooking. Sleep and going on walks are also important. As a business owner, I need time to create new products, take pictures, work on my Etsy shop, write this blog, connect with my followers through a weekly newsletter and go to the post office to send out orders. My days are packed. How then can I justify to spend 2, 3 or even 4 hours in my day on Instagram or creating for the platform? In truth, I can’t.

So why then did it take me so long to realize all of this? Well, if you want to start any business in 2020, it feels like all the marketing blogs, videos and classes will tell you that social media is the fast way to success. Social media is a free marketing tool through which you can reach millions of customers easily after all.

But is it really? I understand that my experience is limited to a year. Nonetheless, let’s take a look. Did I see rapid growth during that time? No. Did I get customers to my Etsy shop through Instagram? No. Did Instagram help me fund important projects like the printing of my storybook? No. So what’s up? Maybe I wasn’t doing it correctly, or maybe I wasn’t patient enough, or maybe I should have paid for premium exposure. Well, so much for easy and free to use. During my year on Instagram, I took online courses to help me get better at social media marketing. I listened to podcasts. I watched Youtube videos. I think I did my part. Yet, it didn’t prove to be such a great marketing tool for me.

Additionally, something started to feel wrong to me the more I was learning about social media marketing. I was told that I needed to make “real connections” with people in the hopes that they would buy my products. Every post needed to have a clear call to action bringing my followers closer to being customers. So, I was aiming at creating “real” connections with a clear intention: “buy my products”. Of course, classes would teach to do this in the smoothest way possible. Be authentic. Be human. Be relatable. But, make sure you have a direct link to your store. After a while, it made me feel uncomfortable. What was I selling? My “real” connection? My time? Myself? Marketing is really not my thing, but I think that I’d rather create content that is clearly marketing instead of wrapping my marketing in bows and lace and pretending to be looking for “real connections”.

It also felt disrespectful to my potential customers to give them quick content. If people decide to spend their time on my content, I want to make sure that the content I create is of high quality. Likewise, if I spend a lot of time creating something I want people to actually give it time and attention. This is not what is promoted on Instagram. It is something I can create more easily on a blog, a newsletter or on my website portfolio.

So, with all that in mind, I decided to take October 2020 off from the platform. And I did. I went on Instagram a few times to check for DM’s, but I didn’t scroll. I didn’t post. I didn’t do Inktober.

Was it terrible?

No, not really. The first few days, it was so difficult not to go on the platform. I always wanted to check my phone. After a week, I started feeling calm and content. My head felt lighter. My heart felt lighter. I felt better about my art and less pressured to make something post-able. Mistakes stayed mistakes and did not get failure status. I started to enjoy my life and my circumstances more. I had more time to learn and better my painting skills. I slept better. I spent more quality time in real life with my partner and my pets. I took time to observe things, rest and play. Live.

Did I see a huge difference in my Etsy sales? Yeah, my store actually did better in October than in previous months. I had more visits and more sales. So clearly, I wasn’t driving tons of customers to my store through Instagram despite posting every day. I did however create more new products and took time to write to people who liked my items or put my shop in their favourites. I also spent more time rearranging my items to make my store more attractive. Briefly, I actually worked on my store instead of working on someone else’s platform.

I heard some advice that said that after getting away from social media, one should evaluate the pros of the platforms and use the more relevant ones in a professional way. I understand this advice, but at this point in my reflection, I’m asking myself this question: “Is it ethical for me to use a platform professionally when I know that that platform is praying on its users’ vulnerabilities?” At the moment, I can only answer no, it is not ethical.

Thus, I don’t think I’ll be posting on Instagram anytime soon. I’m going to take my time in creating quality content and learning the skills of my craft instead. I’ll also be living my life in the real world. I reclaim my time and attention.

Social media is impacting me and everyone else so strongly. There are so many other points I would like to touch on, be it the political, societal and even environmental consequences of our dependency to social media. The last thing I’ll say here is that I hope this blog post inspires you to observe and rethink your relationship with social media. And congratulations if you made it to the end of this long post!

Pourquoi je ne partage plus sur Instagram

L’année dernière, lorsque j’ai décidé de me lancer en tant qu’artiste, tous les conseils que j’ai pu trouver m’ont amené à utiliser les médias sociaux, plus particulièrement Instagram, comme un excellent moyen de partager mon travail et d’entrer en contact avec des clients ou des consommateurs potentiels. C’est logique : Instagram est une plateforme visuelle, facile à utiliser et gratuite. J’ai donc commencé à y publier des images de temps en temps, puis régulièrement et enfin tous les jours. J’ai participé à des défis hebdomadaires, mensuels et à des défis de type “dessinez ça dans votre style”. J’ai découvert des artistes très intéressants et talentueux qui m’ont inspiré. C’était bien… jusqu’à ce que ça ne le soit plus.

Il y a beaucoup de bulles qui flottent autour des interwebs et des bibliothèques et qui nous parlent des effets négatifs des médias sociaux sur les humains. Ma première sonnette d’alarme a sonné lorsque l’une de mes artistes préférées, Julia Bausenhardt, a quitté Instagram et a réalisé des vidéos Youtube pour partager ses raisons de le faire. Ensuite, mon partenaire m’a donné le livre Deep Work de Cal Newport sur la concentration et le travail. Après cela, j’ai regardé le documentaire “The Social Dilemma” sur Netflix. Et enfin, je me suis assise et j’ai fait l’inventaire de mes sentiments à propos de tout cela. Voici ce que j’ai trouvé.

Comme Julia, après un an de travail acharné sur mon Instagram, j’ai réalisé que j’avais commencé à créer POUR la plateforme au lieu de l’utiliser comme un outil. En tant qu’artiste, il est difficile de respecter un calendrier de publication quotidien, voire hebdomadaire. La peinture est un travail difficile qui exige dévouement, apprentissage constant, concentration et inspiration. Créer pour une plateforme de médias sociaux chaque jour m’a fait sentir vide et comme une imposture.

Je n’aimais pas non plus la façon dont je commençais à percevoir mon art et l’art des autres. Le défilement constant de nouvelles images ne permet pas de vraiment apprécier le temps et les efforts que l’artiste consacre à la création. Une œuvre qui a pris des jours, des semaines et même des mois à peindre se voit attribuer un coup d’œil de 2 secondes, une double tape et peut-être un commentaire. Tout cela se fait sur un minuscule écran de téléphone. En quoi est-ce juste ? Nous visitons les musées et pouvons nous asseoir pendant des heures devant une œuvre de maître. Nous nous rendons dans une galerie d’art et nous nous plongeons dans l’œuvre d’un artiste pour la soirée. Pourtant, nous trouvons acceptable de faire défiler sans réfléchir les œuvres d’autres artistes. Je ne me sentais vraiment pas à l’aise avec cela. Cela me donnait l’impression d’être bon marché et faisait en sorte que le travail des autres semblait également bon marché alors qu’il ne l’est pas.

Une autre chose que j’ai remarquée avec mon utilisation accrue des médias sociaux est la diminution de mon attention. Comme les médias sociaux vous fournissent toujours de nouveaux contenus, il est difficile de rester concentré sur une seule chose. C’est devenu clair lorsque j’ai remarqué que la lecture devenait de plus en plus difficile malgré le fait que j’adore lire. La tentation de toujours vérifier mon téléphone pour voir ce qui était nouveau rendait impossible de rester déconnectée pendant de longues périodes. Lorsque j’ai lu Deep Work, j’ai réalisé que j’avais besoin de me concentrer seule pour créer un travail de qualité. Je veux cultiver ma capacité à vivre dans le monde réel, à travailler sur des tâches qui en valent la peine. Cela exige une concentration et une attention sans faille. Quand je peins pendant un après-midi entier sans être distraite, je me sens bien. Je me sens accomplie. Lorsque je fais défiler mon Instagram toutes les dix minutes, je me sens dispersée, démotivée, pas assez bonne et instable.

Cela a été un autre facteur important dans ma décision de quitter Instagram : le fait d’avoir constamment accès au travail d’autres personnes a commencé à avoir un réel impact sur ma santé mentale. J’ai des tendances perfectionnistes qui font de la comparaison avec les autres un jeu dangereux. Très vite, j’ai réalisé que plus je passais de temps en ligne, plus je me sentais mal dans mon propre travail. Cela a émoussé ma motivation à créer, et je me suis souvent retrouvée dans des spirales négatives de pensées auto-destructrices. Où est le plaisir dans tout cela ?

J’ai également réalisé que le nombre d’heures que je passe chaque jour sur Instagram n’est pas justifié. En tant qu’artiste autodidacte, j’ai besoin de temps pour apprendre et affiner mes compétences. Cela peut se faire par des cours en ligne, la lecture de livres sur l’art, la pratique et la réflexion sur la façon de réaliser certaines œuvres. Toutes ces activités demandent du temps, de l’attention et de la discipline. En tant que personne, j’ai également besoin de temps pour parler avec les personnes que j’aime, pour interagir avec mes animaux domestiques et pour prendre soin de moi. Il est également agréable d’avoir des loisirs et une vie en dehors du travail. J’ai aussi besoin de temps pour les tâches ménagères et la cuisine. Le sommeil et les promenades sont également importants. En tant que chef de petite entreprise, j’ai besoin de temps pour créer de nouveaux produits, prendre des photos, travailler sur ma boutique Etsy, écrire ce blog, me connecter avec mes followers grâce à une newsletter hebdomadaire et aller au bureau de poste pour envoyer des commandes. Mes journées sont bien remplies. Comment puis-je alors justifier de passer 2, 3 ou même 4 heures dans ma journée sur Instagram ou à créer pour la plateforme ? En réalité, je ne le peux pas.

Alors pourquoi ai-je mis autant de temps à réaliser tout cela ? Eh bien, si vous voulez lancer une entreprise en 2020, il semble que tous les blogs, vidéos et cours de marketing vous diront que les médias sociaux sont la voie rapide vers le succès. Les médias sociaux sont un outil de marketing gratuit grâce auquel vous pouvez atteindre facilement des millions de clients après tout.

Mais est-ce vraiment le cas ? Je comprends que mon expérience est limitée à un an. Néanmoins, jetons-y un coup d’œil. Ai-je vu une croissance rapide pendant cette période ? Non. Ai-je obtenu des clients dans mon magasin Etsy grâce à Instagram ? Non. Instagram m’a-t-il aidé à financer des projets importants comme l’impression de mon livre d’histoires ? Non. Alors, qu’est-ce qui se passe ? Peut-être que je ne le faisais pas correctement, ou peut-être que je n’ai pas été assez patiente, ou peut-être que j’aurais dû payer pour une exposition premium. Eh bien, voilà pour la facilité et la gratuité d’utilisation! Pendant mon année sur Instagram, j’ai suivi des cours en ligne pour m’aider à m’améliorer dans le domaine du marketing des médias sociaux. J’ai écouté des podcasts. J’ai regardé des vidéos sur Youtube. Je pense que j’ai fait ma part. Pourtant, ce n’est pas un outil de marketing très efficace pour moi.

En outre, plus j’apprenais à mieux comprendre le marketing des médias sociaux, plus je commençais à me sentir mal. On m’a dit que j’avais besoin de créer de “vrais liens” avec les gens dans l’espoir qu’ils achètent mes produits. Chaque publication devait comporter un appel à l’action clair pour amener mes abonnés à devenir des clients. Je voulais donc créer de “vrais” liens avec une intention claire : “achète mes produits”. Bien entendu, les cours enseignaient à le faire de la manière la plus fluide possible: « Soyez authentique. Soyez humains. Soyez racontables. Mais assurez-vous d’avoir un lien direct avec votre magasin.» Au bout d’un moment, je me suis sentie mal à l’aise. Qu’est-ce que je vendais ? Un ” vrai ” lien ? Mon temps ? Moi-même ? Le marketing n’est vraiment pas mon truc, mais je pense que je préfère créer un contenu clairement marketing au lieu d’emballer mon marketing dans des nœuds et de la dentelle et de prétendre rechercher de “vraies connexions”.

J’ai également ressenti un manque de respect envers mes clients potentiels en leur donnant un contenu rapide. Si les gens décident de passer leur temps sur mon contenu, je veux m’assurer que le contenu que je crée est de haute qualité. De même, si je passe beaucoup de temps à créer quelque chose, je veux que les gens lui accordent du temps et de l’attention. Ce n’est pas ce qui est mis en avant sur Instagram. C’est quelque chose que je peux créer plus facilement sur un blog, une newsletter ou sur le portfolio de mon site web.

C’est pourquoi, en gardant tout cela à l’esprit, j’ai décidé de prendre congé de la plateforme pour octobre 2020. Et c’est ce que j’ai fait. Je suis allée sur Instagram quelques fois pour vérifier les DM, mais je n’ai pas fait défiler mon fil. Je n’ai pas posté. Je n’ai pas fait Inktober.

C’était terrible ?

Non, pas vraiment. Les premiers jours, c’était difficile de ne pas aller sur la plateforme. Je voulais toujours vérifier mon téléphone. Au bout d’une semaine, j’ai commencé à me sentir calme et satisfaite. Ma tête était plus légère. Mon cœur était plus léger. Je me sentais mieux par rapport à mon art et moins pressée de faire quelque chose de «partageable». Les erreurs restaient des erreurs et n’obtenaient pas le statut d’échec. J’ai commencé à profiter davantage de ma vie et de ma situation. J’ai eu plus de temps pour apprendre et j’ai amélioré mes compétences en peinture. J’ai mieux dormi. J’ai passé plus de temps de qualité dans la vie réelle avec mon partenaire et mes animaux domestiques. J’ai pris le temps d’observer les choses, de me reposer et de jouer. De vivre.

Ai-je constaté une énorme différence dans mes ventes Etsy ? Oui, mon magasin a en fait fait mieux en octobre qu’au cours des mois précédents. J’ai eu plus de visites et plus de ventes. Il est donc clair que je ne conduisais pas des tonnes de clients à mon magasin par Instagram, malgré l’affichage quotidien. J’ai cependant créé davantage de nouveaux produits et j’ai pris le temps d’écrire aux personnes qui aimaient mes articles. J’ai également passé plus de temps à réorganiser mes articles pour rendre mon magasin plus attrayant. En bref, j’ai travaillé sur mon magasin au lieu de travailler sur la plateforme de quelqu’un d’autre.

J’ai entendu un conseil qui disait qu’après s’être éloigné des médias sociaux, il fallait évaluer les avantages des plateformes et utiliser les plus pertinentes de manière professionnelle. Je comprends ce conseil, mais à ce stade de ma réflexion, je me pose cette question : «Est-il éthique pour moi d’utiliser une plateforme de manière professionnelle alors que je sais que cette plateforme mise sur les vulnérabilités de ses utilisateurs ?» Pour l’instant, je ne peux que répondre non, ce n’est pas éthique.

Par conséquent, je ne pense pas que je posterai sur Instagram de sitôt. Je vais plutôt prendre mon temps pour créer du contenu de qualité et apprendre les techniques de mon métier. Je vais aussi vivre ma vie dans le monde réel. Je récupère mon temps et mon attention.

Les médias sociaux ont un impact très fort sur moi et sur tout le monde. Il y a tant d’autres points que j’aimerais aborder, qu’il s’agisse des conséquences politiques, sociétales et même environnementales de notre dépendance aux médias sociaux. La dernière chose que je dirai ici est que j’espère que ce billet de blog vous inspirera à observer et à repenser votre relation avec les médias sociaux. Et félicitations si vous êtes arrivé à la fin de ce long billet !

Agatha’s Journal, What now?

Agatha's Journal

(psst, les francos, ça se passe plus bas!)

That’s it friends! The Kickstarter campaign is over, and it did not succeed.

I worked a lot on this project, and of course I’m disappointed that I will not be able to share my work with you just yet. I really hoped that this campaign would work, and that I would be able to send my backers fun and unique surprises as well as copies of my book. I was also looking forward to having some extra copies of my book available for sale in my Etsy shop.

So now that the kickstarter has failed, it feels a bit sad and empty. But, I’m also carrying a lot of new things that I learned while working on the campaign and promoting my book.

First, people who are excited about your work will support you. Having the support of my family and friends felt like such a precious gift, especially through this weird period. I’m more than grateful for all their encouragements, kind words and pledges.

Second, while I was promoting my book, I mainly used Instagram. Well, I hate it. The platform feels hollow and empty. I feel like most of us are so busy promoting our own work that we don’t really look at what the others are doing. Promoting my book, it felt like I was in an echo chamber: screaming about my book and only hearing myself back again. And, it was not just an impression: most of my backers were people I knew personally (except for two who found my project directly through the Kickstarter website). So while I was working hard on trying to figure out new ways to engage my following, most of my following was not looking, seeing or engaging. The more time I spent on Instagram, the emptier I felt. Now that I’m done promoting my book, I feel exhausted by the platform. This whole project really has me questioning my relationship to the platform, and I haven’t found a solution that feels authentic yet. More on that soon… or when I figure it out.

Third, I really like my book, but at one point in the campaign, I felt like I needed to rework the entire thing and just cancel the campaign. I guess it’s the perfectionist and impostor in me that were shouting these ideas. As a creator and artist, I feel like my pieces are never completely done. It’s difficult to let go of a project, and this was also true for this book. Yet, it’s such a fun part of the creation process to be able to share my work. I really learned a lot about myself and about myself as a creator while struggling with impostor syndrome as the campaign was slowly moving towards failing. But see, that’s the thing. It’s not really a failure, is it? I mean, my goals are not met, but that doesn’t change the hours of work I put into this project, the quality of the work, or anything else about it. The only thing it changes is the timeline in which I’ll be able to sell the work. That’s it.

I could go on and on about what other things, but as I also learned through the campaign, people don’t like to read long pieces, so I’ll stop here for now.

Again, thank you so much for all your support!

This blog post is one in a series I’m writing about my book, Agatha’s Journal.

Check out this page for more information on the book!


Et maintenant?

Voilà, chers amis ! La campagne Kickstarter est terminée, et elle n’a pas réussi.

J’ai beaucoup travaillé sur ce projet, et bien sûr je suis déçue de ne pas pouvoir partager mon travail avec vous pour l’instant. J’espérais vraiment que cette campagne fonctionnerait, et que je pourrais envoyer à mes supporters des surprises amusantes et uniques ainsi que des exemplaires de mon livre. Je me réjouissais également d’avoir quelques exemplaires supplémentaires en vente dans ma boutique Etsy.

Maintenant que le kickstarter a échoué, la situation est un peu triste et vide. Mais j’emporte aussi beaucoup de nouvelles choses que j’ai apprises en travaillant sur la campagne et en faisant la promotion de mon livre.

Tout d’abord, les personnes qui sont enthousiastes à propos de votre travail vous soutiendront. Avoir le soutien de ma famille et de mes amis m’a semblé être un cadeau si précieux, surtout pendant cette période étrange. Je leur suis plus que reconnaissante pour tous leurs encouragements, leurs mots gentils et leurs engagements.

Deuxièmement, pendant que je faisais la promotion de mon livre, j’ai surtout utilisé Instagram. Eh bien, je déteste ça. La plateforme semble creuse et vide. J’ai l’impression que la plupart d’entre nous est tellement occupée à promouvoir son propre travail que nous ne regardons pas vraiment ce que font les autres. En faisant la promotion de mon livre, j’ai eu l’impression d’être dans une chambre d’écho : je criais à propos de mon livre et je ne faisais que me réentendre. Et ce n’était pas qu’une impression : la plupart de mes backers étaient des personnes que je connaissais personnellement (à l’exception de deux d’entre eux, qui ont trouvé mon projet directement sur kickstarter). Alors que je travaillais dur pour trouver de nouvelles façons d’engager mes followers sur instagram, la plupart d’entre eux ne regardaient pas, ne voyaient pas et ne réagissaient pas. Plus je passais de temps sur Instagram, plus je me sentais vide. Maintenant que j’ai fini de promouvoir mon livre, je me sens épuisée par la plateforme. Tout ce projet m’amène à remettre en question ma relation avec la plateforme, et je n’ai pas encore trouvé de solution qui me semble authentique. J’en dirai plus bientôt… ou quand j’aurai trouvé une solution.

Troisièmement, j’aime beaucoup mon livre, mais à un moment de la campagne, j’ai senti que je devais le retravailler entièrement et simplement annuler la campagne. Je suppose que c’est la perfectionniste et l’imposteur en moi qui criaient ces idées. En tant que créatrice et artiste, j’ai l’impression que mes œuvres ne sont jamais complètement terminées. Il est difficile de laisser aller un projet, et c’était également vrai pour ce livre. Pourtant, c’est une partie tellement amusante du processus de création que de pouvoir partager mon travail. J’ai vraiment beaucoup appris sur moi-même et sur mon travail de créatrice tout en luttant contre le syndrome de l’imposteur alors que la campagne se dirigeait lentement vers l’échec. Mais vous voyez, c’est ça le truc. Ce n’est pas vraiment un échec, n’est-ce pas ? Je veux dire que mes objectifs ne sont pas atteints, certes, mais cela ne change rien aux heures de travail que j’ai consacrées à ce projet, à la qualité du travail, ou à quoi que ce soit d’autre. La seule chose que cela change, c’est le délai dans lequel je pourrai vendre le livre. C’est tout.

Je pourrais continuer encore et encore sur d’autres sujets, mais comme je l’ai également appris au cours de la campagne, les gens n’aiment pas lire de longs articles, alors je vais m’arrêter ici pour le moment.

Merci encore à tous mes backers!

Cet article fait partie de la série consacrée à mon livre: Le Journal d’Agatha

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