Book review: Louis parmis les spectres par Fanny Britt et Isabelle Arsenault

Book Reviews

(In English over here!)

Et oui! Isabelle Arsenault et Fanny Britt ont encore frappé! Après Jane, le renard et moi et L’oiseau de Colette, je partage Louis parmis les spectres avec vous cette semaine. Sorti quelques années après Jane, Louis est un autre roman graphique rempli de sensibilité.

On suit Louis qui navigue les eaux plus ou moins tranquilles de l’adolescence, d’un père alcoolique et d’une famille à bout de souffle. Oui, je vous le concède, les effets de l’alcoolisme sur la famille est un thème assez lourd et malheureusement souvent bien triste. C’est avec beaucoup de sensibilité et avec une bonne cuillère à soupe d’humour et de douceur que Fanny Britt nous partage cette histoire. J’ai beaucoup aimé qu’encore une fois un animal, cette fois-ci un raton-laveur, se présentent aux personnages. Le petit frère de Louis, Truffe, apporte également un peu de légèreté au récit. Finalement, la grande Billie nous intrigue par son indépendance et son courage, un autre thème important du livre.

Mais vous vous en doutez probablement, c’est les illustrations et le style unique et facilement reconnaissable de l’illustratrice Montréalaise Isabelle Arsenault qui m’ont fait adopter ce livre. Elle a réussi encore une fois à créer un univers enveloppant au crayon graphite. Les couleurs sont presque effacées, mais leur utilisation limitée ajoute un côté très “atmosphérique” au dessin. Le mélange de planches plus BD et de plans paysages donne au livre un effet très cinématographique qui emporte le lecteur directement dans l’histoire.

Encore une fois, le dessin alterne entre éléments plutôt simplifiés et d’autres remplis de détails et de précision. Le langage corporel des personnages est tellement naturel et on reconnaît facilement des postures, attitudes et émotions de la vraie vie. C’est un réel plaisir de regarder chaque page et de se laisser emporter dans cette tranche de vie de Louis. Le narrateur masculin est également une perspective intéressante et Louis devient rapidement très attachant. Lorsqu’on fini le livre, on ne peut que se demander quel genre d’adulte il sera!

Pour finir, je vous conseille vivement ce livre. Jane reste mon coup de cœur, mais ce Louis saura séduire les lecteurs adolescents et grands sans difficulté. Cependant, par l’histoire honnête, touchante et sensible d’une famille qui cherche son équilibre, ce livre transportera facilement les lecteurs de tout âge.

Louis parmis les spectres, par Fanny Britt et illustré par Isabelle Arsenault, La Pastèque

Louis Undercover, Groundwood Books


 

Book review: Louis Undercover by Fanny Britt and Isabelle Arsenault

Yes, Isabelle Arsenault and Fanny Britt have struck again! After Jane, the fox and me and Colette’s bird, I share Louis Undercover with you this week. Released a few years after Jane, Louis is another graphic novel filled with sensitivity.

We follow Louis as he navigates the more or less calm waters of adolescence, an alcoholic father and a family on its last legs. Yes, I admit it, the effects of alcoholism on one’ s family is a rather heavy and unfortunately often very sad theme. It is with a lot of sensitivity and with a good spoonful of humor and sweetness that Fanny Britt shares this story with us. I really liked that once again an animal, this time a raccoon, introduces itself to the characters. Louis’ little brother, Truffle, also brings a little lightness to the story. Finally, the tall Billie intrigues us with her independence and courage, another important theme of the book.

But as you can probably imagine, it is the illustrations and the unique and easily recognizable style of Montreal illustrator Isabelle Arsenault that made me adopt this book. She has succeeded once again in creating an enveloping universe with graphite pencil. The colors are almost faded, but their limited use adds a very “atmospheric” side to the drawing. The mix of more comic book-like drawings and landscape shots gives the book a very cinematic effect that carries the reader directly into the story.

Once again, the drawing alternates between rather simplified elements and others filled with details and precision. The body language of the characters is so natural and one can easily recognize real life postures, attitudes and emotions. It’s a true pleasure to look at each page and to be carried away in this slice of Louis’ life. The male narrator is also an interesting perspective and Louis quickly becomes very likeable. When you finish the book, you can’t help but wonder what kind of adult he will be!

Overall, I highly recommend this book. Jane remains my personal favorite, but this Louis will appeal to teen and adult readers alike without difficulty. Moreover, through the honest, touching and sensitive story of a family seeking balance, this book will easily transport readers of all ages.

Louis parmis les spectres, par Fanny Britt et illustré par Isabelle Arsenault, La Pastèque

Louis Undercover, Groundwood Books

Book review: Poucette de Andersen et illustré par Elisabeth Nyman

Book Reviews

(In English over here!)

Je voulais partager ce livre avec vous car il s’agit d’une autre trouvaille que j’ai faite dans les livres à vendre de ma bibliothèque. Je l’ai adopté parce qu’enfant j’adorais le film de Poucette (1994): un prince fée, des grenouilles qui chantent, des costumes exubérants et des chansons loufoques. Il y avait vraiment tout pour me plaire. Et donc, lorsque j’ai vu ce livre de Poucette, je me suis dis qu’il était temps que je lise la version originale de ce conte de H.C. Andersen.

Cette version beaucoup plus sobre du conte est illustré par Elisabeth Nyman. Après avoir passer quelques moments à chercher sur internet, je dois dire que cette illustratrice est bien mystérieuse! Peut-être suédoise, peut-être allemande, elle semble avoir illustré au moins un autre conte de Andersen, mais c’est là toutes les informations que j’ai réussi à récolter à son sujet. C’est bien dommage, car cette peintre a créé un univers tout en douceur et en atmosphère pour ce livre par ces peintures remplies de poésie.

J’ai particulièrement apprécié les couleurs chaudes qui trouvent une place dans chacune des illustrations. Le traitement de la lumière est également très réussi. À première vue, on pourrait croire que les peintures sont peu détaillées par leur effet “impressionniste”. Cependant, la majorité des plantes sont identifiables, les animaux sont habilement représentés, et les scènes d’intérieurs regorge de petits objets de la vie quotidienne. J’ai beaucoup aimé justement qu’une peintre plus classique s’attaque à un livre pour enfant. Il me semble que cela propose quelque chose d’un peu différent, mais de très riche, aux jeunes lecteurs.

Par contre, je dois avouer que la lecture de ce conte m’a un peu surprise. Pauvre Poucette! Elle semble victime de tous les évènements et sa seule perspective d’avenir est de devenir l’épouse d’un crapaud, d’un hanneton ou d’une taupe! L’histoire semble s’arrêter abruptement au moment où Poucette prend finalement la décision de s’enfuit avec son amie l’hirondelle. Elle rencontre rapidement un prince fée et l’épouse, ce qui met fin au conte. Je dois dire que je suis restée un peu sur ma faim! J’aurais aimé une Poucette un peu plus volontaire, aventurière et contestataire. Mais, comme il s’agit de l’histoire d’origine, publiée pour la première fois en 1835, on peut comprendre son contexte historique et social.

Malgré cela, ce fut un plaisir de découvrir cette version du conte et cette illustratrice bien intrigante. J’ai beaucoup aimé son style de peinture qui emporte le lecteur dans une atmosphère un peu mystérieuse qui se marie très bien à l’histoire. Je n’ai malheureusement pas pu trouver beaucoup d’information sur ce livre, mais qui sait, vous tomberez peut-être dessus lors de votre prochaine visite à votre bibliothèque!

Poucette, par Andersen et illustré par Elisabeth Nyman, 1991, Milan


 

Book review: Thumbelina by Andersen and illustrated by Elisabeth Nyman

I wanted to share this book with you because it is yet another find I made in the books for sale at my library. I picked it up because as a child I loved the Thumbelina movie (1994): a fairy prince, singing frogs, exuberant costumes and goofy songs. It really had it all. And so, when I saw this Thumbelina book, I thought it was time to read the original version of this H.C. Andersen tale.

This much more sober version of the tale is illustrated by Elisabeth Nyman. After spending some time searching on the internet, I must say that this illustrator is quite mysterious! Maybe Swedish, maybe German, she seems to have illustrated at least one other Andersen tale, but that’s all the information I managed to gather about her. It’s a pity, because this painter has created a very soft and atmospheric world for this book with her paintings full of poetry.

I particularly liked the warm colors that find a place in each of the illustrations. The treatment of light is also very successful. At first glance, one has the impression that the paintings are not very detailed because of their ” impressionist ” effect. However, the majority of the plants are identifiable, the animals are cleverly represented, and the interior scenes are full of small objects of everyday life. I really liked that a more classical painter tackled a children’s book. It seems to me that it offers something a little different, but very rich, to young readers.

On the other hand, I must admit that reading this tale now surprised me a bit. Poor Thumbelina! She seems to be a victim of all events and her only future prospect is to become the wife of a toad, a cockchafer or a mole! The story seems to end abruptly when Thumbelina finally decides to run away with her friend the swallow. She soon meets a fairy prince and marries him, which ends the tale. I have to say that I was a little disappointed! I would have liked a Thumbelina who was a little more willing, adventurous and outspoken. But, since this is the original story, first published in 1835, one can understand its historical and social context.

Despite this, it was a pleasure to discover this version of the tale and this very intriguing illustrator. I really liked her style of painting that takes the reader into a mysterious atmosphere that goes very well with the story. Unfortunately, I couldn’t find much information about this book, but who knows, maybe you’ll stumble upon it during your next visit to your library!

Thumbelina, by Andersen and illustratd by Elisabeth Nyman, 1991, Milan